Mercredi 15 juin 2005

Paloma. C’est étrange de prononcer ton prénom. Prononcer ce prénom utilisé tant de fois pour parler de l’absente, de la désirée, alors que qu’à présent, tu es en face de moi.

Prononcer ce prénom. Le rendre matériel dans la parole, ce prénom si précieux, et en voir la correspondance concrète en face de moi. C’est surnaturel et extrême. Sans effort, sans aucune fausseté ni tricherie, tout reprend sa place « comme si on s’était quitté hier ». Rien ne s’est perdu.

Le futur pourra être ce qu’il veut, je m’en fous. Je suis dans l’instant présent tout entier. Nous reprenons le plaisir d’être ensemble et la découverte toujours plus loin de l’autre. Le destin nous avait obligé à faire une anecdotique pause. Notre amour a existé et, quoique ton esprit aie pris comme décision, existe encore. Tu m’en a offert aujourd’hui la confirmation : pendant trois semaines, il y a un an, nous nous sommes aimés.

Bien sûr, il y a l’autre, « lui », avec qui tu construis ta vie au Japon. Sûrement tu vivras ta vie avec lui. Sûrement à cause de lui pendant toute cette année à venir, tu te retiendras. Tu voudras te tenir au programme drastique que tu t’es fixé. Solitude, peine, sainteté, travail, et ce dans le but d’apprendre à devenir indépendante.

Peut-être que j’en ai trop soupé de la solitude, de l’abstinence et de la douleur. Peut-être que sans le savoir, je suis devenu indépendant. C’est pourquoi je ne vois vraiment rien d’attractif dans ce programme.

Peut-être est-ce vrai, que tu ressentes le besoin de vivre cela. Peut-être la fierté que tu éprouves à être exigeante avec toi-même aura raison de cette folie.

Mais malgré tout, continuera d’exister en toi ce lien qui te relie à moi.

Malgré tout, je continuerai à affirmer qu’il faut suivre son instinct. C’est de l’esprit que viennent les peurs et les restrictions. Un musicien communique et fait corps avec son instrument par le biais de son instinct. L’esprit ne vient pas s’interposer entre les deux.

Il doit en être de même pour les Hommes. Leurs instincts doit les mener à l’harmonie avec leurs vie. Tu ne pourras jamais totalement faire taire ton instinct. Ne serait-ce parce qu’après six heures passées ensemble, on a du mal à se dire au revoir. Ne serait-ce parce que comme tu l’as dit, je t’ouvre et tu te sens libre à l’intérieur.

Exactement ce que tu provoques en moi. Je m’ouvre à moi-même, au monde.

C’est ce qu’il y a de plus beau. C’est la trace que laisse l’autre. C’est la preuve que nous existons. C’est sans égal.

Par Terayama - Publié dans : poupées
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus